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Le Caire

Traité de paix et d’amitié entre al-Malik al-Ashraf Salah al-din Jalil ibn Sayf al-din Qalaoun, sultan mamelouk d’Égypte, et Jacques II d’Aragon le Juste, signé le 19 safar 692/28 janvier 1292. Il s’agit d’un pacte de non-agression et de respect envers les personnes et les biens des territoires et des espaces maritimes appartenant au sultan et à Jacques II, cités expressément et de manière détaillée dans les deux cas. Jacques le Juste et les siens s’engagent à maintenir l’amitié avec al-Malik al-Ashraf et à ne pas conclure d’accords avec les rois francs ou autres engagés dans un conflit avec le sultan. Les Catalans veilleront au retrait de tous les ennemis du sultanat (le Saint-Père, les villes italiennes, grecques, byzantines, franches ou tartares, etc.). Aux termes de cet accord, les parties s’engagent, de manière réciproque, à porter secours et protection aux navires et aux victimes de naufrages échouées sur les côtes du pays allié, à faciliter leur retour et à veiller au rapatriement des biens et des marchandises des défunts. Par ailleurs, elles sont tenues de respecter les ambassadeurs qui sont en déplacement dans le cadre de leurs missions, et de détecter tout sujet susceptible d’avoir violé les accords de paix. Ce traité autorise la libre circulation du fer, du bois et des tissus, ainsi que la libération des captifs musulmans retenus dans les pays du roi. Les concertations entre marchands musulmans et chrétiens se dérouleront conformément à la loi islamique, et les parties contractantes seront tenues de restituer les fugitifs et leurs marchandises. L’accord vise à promouvoir la visite de Jérusalem auprès des hommes et des femmes en possession du sauf-conduit royal, à condition que le roi Jacques II assure la discrétion des pèlerinages. Quant aux taxes douanières, elles seront fixées selon le droit coutumier. La paix, déclarée indéfinie, ne sera interrompue ni pour cause de décès d’un des souverains ni lors de son relèvement de la charge.

Traité de paix, d’amitié et de commerce établi entre le roi Alphonse IV d’Aragon et le sultan mamelouk d’Égypte al-Malik al-Ashraf Barsbay, signé à Rhodes le 7 ramadan 833/30 mai 1430. Du côté royal, les parties intervenant dans les négociations de paix sont les marchands et ambassadeurs Rafel Ferrer et Lluís Sirvent, et du côté égyptien, Nâsir al-Dîn Muhammad ibn al-Maymûn, Nasir al-Din et Sayf al-Dîn Shâhîr al-Nu’aman

L’accord s’articule autour de trente-deux articles, qui prévoient entre autres : la paix permanente et l’amitié, la libre circulation des sujets du roi d’Aragon sur le territoire égyptien (d’al-‘Amidayn à Tarse) et celle des sujets mamelouks sur le territoire du roi, la protection des navires et des marchandises en circulation, le libre-échange, la fondation et l’édification d’une auberge catalane à Alexandrie, la désignation d’un consul catalan et l’assignation d’appointements, l’application extraterritoriale du droit par le consul catalan et le droit à l’importation de vins. Le « grand maître de Rhodes », représenté par Murad Jan, cité comme étant son ambassadeur, participe à la conclusion de l’accord. Le texte prévoit la suppression d’un article supplémentaire (nº 33), qui finalement ne sera pas approuvé. Du côté égyptien, Mustafa Bey, Murad et Saljuq, Jan le Turc (?) ou Murad Jan (peut-être celui de Rhodes ?) et ‘Abd al-Rahman sont également cités. La partie catalane signe l’accord sous deux conditions : la libération des prisonniers capturés lors du naufrage du navire de Nicolau Julià et la restitution des richesses transportées sur ce navire.