Home » Grenade

Grenade

Traité de paix entre Mohammed II de Grenade et Jacques II d’Aragon, dit le Juste, établi à Oriola le 11 ragab 695/15 mai 1296.

Mohammed II b. Nasr de Grenade s’engage à maintenir la paix, ferme et à vie, avec Jacques II, qui accepte un engagement identique. Le sultan garantit la protection des personnes, des terres, des biens et des marchandises des sujets du roi Jacques, la libre importation et exportation sur ses territoires – moyennant le paiement des tarifs douaniers correspondants –, la concession d’alfòndecs (sorte d’auberges aménagées en magasins, où les commerçants pouvaient se loger et vendre leurs marchandises) et le respect du droit coutumier dans les activités marchandes. De son côté, Jacques II est tenu de rendre la pareille à Mohammed, au titre des accords établis. L’un et l’autre acceptent de prendre en charge ou d’assumer la responsabilité de la réparation réciproque des dommages causés par leurs sujets sur le territoire de l’autre. Le présent document mentionne l’existence d’une copie de l’accord en latin – remise au préalable à Mohammed II –, à laquelle il répond. 

Version préliminaire du traité de paix, d’amitié et de libre-échange entre Mohammed II de Grenade et Jacques II le Juste, datée de 1296, obligeant à respecter la libre circulation des marchandises (telles que le pain, le blé, les chevaux de cavalerie et les troupeaux). Grenade offre son soutien à Jacques II contre le souverain Fernando de Castille et interdit à ses sujets de se rendre à Séville. Aux termes de cet accord, l’émir de Grenade s’engage à faire réparer les dommages causés par ses sujets, sur terre ou en mer, à ceux de Jacques II, et promet de céder des effectifs de combat bien ravitaillés au service du roi Jacques. 

Traité de paix durable et d’alliance fidèle entre Mohammed II Abu ‘Abd Allah b. Nasr de Grenade et Jacques II le Juste contre la Castille, signé le dernier jour de rabi II 701/31 décembre 1301 [à Grenade]. Les deux dignitaires s’engagent à promouvoir l’ouverture totale du commerce, l’importation et l’exportation de marchandises entre leurs royaumes, à garantir la sécurité des personnes et des actifs en circulation, ainsi que le respect des droits coutumiers. En outre, Grenade soutiendra Jacques II contre la Castille, dans la région de Murcie. Les deux signataires s’abstiendront d’établir des pactes avec la Castille allant à l’encontre de l’autre partie ; au contraire, ils devront organiser des attaques conjointes contre les Castillans. Les pactes prévoient que Grenade fournisse des effectifs de cavalerie, à condition que les Catalans s’engagent à approvisionner hommes et animaux, et à indemniser la perte de montures. Grenade accepte de céder Murcie aux Catalans (en cas de conquête), et les uns comme les autres s’engagent à respecter les conquêtes remportées respectivement, en tenant compte du fait que les territoires de Tarifa et d’Al Qastal font partie du royaume de Grenade et que, si les Catalans s’en appropriaient, à travers le roi Alphonse ou son frère, l’infant Fernando, ils devraient les restituer au sultanat. 

Paix ferme entre le sultan de Grenade, Ismail b. Faraj b. Nasr, et Jacques II le Juste, signée le 17 rabi II 721/16 mai 1321 [à Grenade], d’une durée de cinq ans et conformément à toutes les dispositions relatives à la libre circulation des personnes et des richesses, et au maintien de la paix en mer. Aucune partie contractante ne conclura de pactes avec les ennemis de l’autre et la volonté des mudéjars désireux d’émigrer vers le royaume de Grenade sera respectée, ce qui facilitera leur déplacement.   

Traité de paix, d’une durée de cinq ans, entre Mohammed IV de Grenade et Jacques II, établi au milieu de gumada II 726/mi-mai 1326, par l’intermédiaire de l’envoyé Joan Enric, aux termes duquel l’accord précédemment souscrit par Ismaïl 1er de Grenade, père de Mohammed, est renouvelé. En ce qui concerne Grenade, cet accord garantit la sécurité, le respect et la protection des personnes et des produits circulant par voie maritime ou terrestre d’un pays à l’autre. Il maintient aussi les paiements des droits coutumiers et, le cas échéant, les anciennes interdictions relatives à l’exportation de certains articles. L’accord établit le respect mutuel des navires, en mer ou au port, ainsi que la protection et la libération immédiate d’éventuels prisonniers, par les deux puissances. Le royaume de Jacques II n’accueillera pas les opposants à l’autorité du sultanat et n’empêchera pas l’émigration de populations mudéjars à Grenade. Il est fait mention de l’utilisation d’un sceau.

Traité de paix entre Yusuf 1er b. Abi-l-Walid Ismaïl b. Faray b. Nasr de Grenade et Alphonse IV, dit le Bénin, signé à Fès à la fin de du-l-qa’da 735/juillet 1333, venant compléter le pacte conclu entre l’émir Abu al-Hassan de Fès et Alphonse XI de Castille, à la fin de gumada II 734, d’une durée fixée à quatre ans et entrant en vigueur à partir de mars 1334. Le retour du caïd envoyé en mission, Abu al-Hassan b. Kumaxa, en possession de la documentation remise par le roi Alphonse vient confirmer l’acceptation par le Catalan des conditions stipulées dans l’accord préalable cité. Un sceau est utilisé pour le paraphe.

Traité de paix entre Mohammed V, dit Al-Ghani (le Fortuné), de Grenade et Pierre IV d’Aragon, dit le Cérémonieux, incluant également le sultan marinide Abu Faris. Signé au cours des dix premiers jours de ragab 768/10 mars 1377 [à Grenade], et d’une durée de trois ans, cet accord prévoit paix et protection pour les navires, les voyageurs et les naufragés, et lorsque les navires s’approvisionnent en eau dans les ports. Par ailleurs, il énonce des libertés pour la population de mudéjars vivant sur le territoire de Pierre IV d’Aragon. Le sultan s’engage à n’agresser ni outrager, par voie terrestre ou maritime, aucun des territoires ou forteresses de Pierre le Cérémonieux, ni ses sujets. L’accord dispose le maintien d’une liberté de mouvement totale et d’un libre-échange pour les sujets chrétiens installés sur les territoires de Grenade et du sultanat marinide, ainsi que le paiement des tributs de rigueur. Fragments de cordelette portant un sceau.

Traité de paix entre Mohammed V Abu-l-Haggag b. Abd-al-Walid b. Nasr de Grenade et Pierre IV d’Aragon le Cérémonieux, daté du 18 safar 779/29 mai 1377 [Grenade]. Mohammed confirme l’arrivée de l’ambassadeur de Pierre, Francesc Marrades, porteur de lettres de créance, de procurations et d’instructions pour négocier un accord avec Mohammed. Celui-ci accepte de négocier un traité de paix, d’une durée de cinq ans, à compter du prochain solstice d’été. L’accord inclut les dispositions suivantes : la libre circulation des personnes, des capitaux, des provisions et des marchandises, tant par voie terrestre que maritime, entre les deux territoires, la libération des captifs, notamment ceux de la galère d’Almería retenus par le roi Pierre, et l’échange de prisonniers (vingt-quatre musulmans et trente chrétiens). Les parties s’engagent à ne pas faire alliance contre les ennemis de Pierre IV, citant en l’occurrence le royaume de Castille. Les navires marchands ou corsaires de l’une ou l’autre bande seront accueillis, protégés et ravitaillés par la juridiction portuaire de l’autre, et défendus contre d’éventuels persécuteurs. Cet accord garantit la sécurité des embarcations endommagées, dont les espars, mâts, voiles ou le gouvernail pourront être réparés sans entrave. Les musulmans mudéjars souhaitant émigrer à Grenade ne devront en aucun cas faire l’objet d’un traitement dégradant. Dans les actions belligérantes et les conquêtes menées contre des tiers, les deux dignitaires s’engagent à libérer les vassaux de l’autre ayant été capturés dans ces circonstances. En fonction des ressources disponibles, le sultan apportera quatre ou cinq cents cavaliers, payés à sept dinars d’or par mois, et quarante dinars par mois pour son caïd, dans l’objectif de renforcer la protection du roi Pierre contre l’ennemi commun. De son côté, le roi devra apporter son soutien maritime au sultanat : en l’occurrence, il lui fournira quatre ou cinq navires avec leur équipage, trente arbalétriers et deux cent vingt fantassins, et chaque navire recevra neuf cents dinars d’or par mois. Francesc Marrades déclarant n’avoir aucune compétence en la matière, cette question reste en attente de la confirmation du roi. L’accord implique tous les territoires sur lesquels le sultanat (de Beira à Gibraltar) et le roi exercent leur souveraineté. Le texte du traité porte la signature et le sceau du sultan, et deux copies en sont faites, en arabe et en latin (« chrétien »).

IMG_5845 IMG_6146 IMG_4505